mardi 14 novembre 2017

« Le poids du monde », de Marlène Tissot


Publiée en 2014 par les Éditions Lunatique dans sa collection « 36e Deux Sous », puis rééditée en 2017, « Le poids du monde », nouvelle de Marlène Tissot, a obtenu cette année le prix Livresse, décerné par le lycée Corduan de Royan.

Derrière son apparente simplicité de lecture, « Le poids du monde » contient une analyse très fine des entrelacs de la pensée du personnage principal, analyse qui n'a rien d'artificielle et qui s'inscrit dans la réalité vécue.

Du point de vue du style, il n'y a rien à jeter. Tout y est, même l'ambiance.

Ce qui fait plaisir, c'est de constater que cette nouvelle, qui traite du sombre problème contemporain de la misère due au chômage et du déni de soi qu'il provoque, a obtenu un prix décerné par de jeunes lecteurs.

Histoire de dire que personne n'est dupe de la situation actuelle, même si elle n'est pas précisément belle.

Voici comment commence « Le poids du monde », de Marlène Tissot, histoire de vous mettre illico dans le bain.

« Il y a cette petite baraque, là-bas, au milieu d'un jardin abandonné. Les volets sont fermés, certains sont cassés. Une vieille pancarte indique « A VENDRE ». La peinture s'écaille. Personne n'a l'air de s'y intéresser. On la regarde à chaque fois qu'on passe par ici. Lili dit que ce serait chouette une maison comme ça avec un bout de jardin. Ouvrir les fenêtres le matin et ne plus avoir ces foutus entrepôts en guise de paysage. On pourrait même planter un cerisier. Elle sourit. Je ne sais pas comment elle fait pour rêver si facilement, Lili. Moi, je n'y arrive plus depuis longtemps. »

L'illustration de couverture est de l'auteur.

Pour en savoir plus sur « Le poids du monde », de Marlène Tissot, qui est vendu au prix de 5 €, rendez-vous sur le site de son éditeur, http://www.editions-lunatique.com/marlene-tissot

jeudi 2 novembre 2017

"Les samedis sont au marché", de Thierry Radière

Publié par les éditions « Les Carnets du Dessert de Lune », « Les samedis sont au marché », de Thierry Radière, est un recueil de poèmes en prose inspirés par les étals du marché du samedi, comme son titre l'indique.

N'allez pas croire qu'à chaque texte corresponde son marchand. Le but n'est pas de faire à cette corporation de la publicité, même si cela pourrait presque en tenir lieu parfois.

Les textes regroupent les impressions de l'auteur autour de l'idée d'aller au marché, d'y passer du temps : liste de courses à faire ou ne pas faire, trajet pour y aller, rencontres faites sur les lieux.

L'originalité de ces poèmes en prose est d'agrandir le cercle de la seule vision de l'étal, car, tout en partant de là, s'opèrent des associations d'idées qui font croire à l'immensité du décor, celui-ci prenant les dimensions d'un monde (le monde entier regroupé dans une coque de noix, comme disait Joyce, de mémoire).

Ou bien, le voyage, au lieu de se faire dans l'espace, se fait dans le temps, en direction des souvenirs d'enfance, bien sûr.

Mais plus poétiquement encore, on aime ici passer du coq à l'âne, comme par exemple dans « Le téléphone et l'Inde » :

« Cela fait au moins un an que nous ne l'avions pas revu au marché. C'est vrai j'aurais pu l'appeler si j'avais vraiment voulu avoir de ses nouvelles. Pendant qu'il nous racontait ce qui lui était arrivé, j'étais concerntré sur l'énigme du téléphone que j'avais de plus en plus de mal à décrocher avec le temps. Il avait déménagé, était revenu, puis reparti pour un long voyage en Inde et ça l'avait transformé. Je l'écoutais d'une oreille distraite pnsant sans cesse à mon manque de courage avec le téléphone. L'Inde : soit on adore, soit on détste. C'est un peu comme le télphone, pensais-je. Ce qui l'avait le plus marqué là-bas, c'étaient les morceaux de cortps humains ou animaux flottant à la surface du Gange. Je ne comprenais pas comment j'en étais arrivé à détster donner des coups de fil à mes amis. Les indiens appartiennent à un peuple violent, finit-il par nous dire, mais on ne le dit jamais. »

Autour du marché, l'aventure est plus largement poétique que vécue.

Les illustrations (dont celle de couverture) sont de Virgine Dolle.

Le livre est préfacé par Denis Montebello.

Si vous souhaitez en savoir plus sur « Les samedis sont au marché », de Thierry Radière, qui est vendu au prix de 12 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.dessertdelune.be