dimanche 25 septembre 2016

"Les jouets rouges", de Jacques Cauda


Pour une fois, on ne pourra pas reprocher à un éditeur - il s'agit ici de "Contre-ciel" - d'avoir publié un texte tempéré et fade.
 
Pour résumer les faits, "Les jouets rouges" est un livre constitué d'une alternance de textes en prose, à dominante narrative, ou en vers, qui décrivent en termes crus des rapports sexuels entre un homme et une femme.
 
Le problème pour la femme, c'est que ces rapports finissent mal, puisqu'elle est tuée à la fin, dans une chute expédiée en quelques lignes.
 
Pour le lecteur, on dirait que ces fins brutales et cruelles sont là pour rompre l'enchantement de l'amour, caractérisé par des luxuriantes images.
 
Ainsi, la métaphore des "jouets rouges", que l'on brise, est effective dans tous ces mots.
 
Toujours est-il que la richesse des images, éclairant la complémentarité entre peinture et poésie, est ce qui demeure de la lecture de "Les jouets rouges".
 
Une richesse de couleurs, mais aussi de saveurs, bref tout ce qui caractérise la poésie qualifiée de partie fine.
 
Extrait de "Des jouets rouges" :
 
"Dans l'accueil de son cul
je ne me fie qu'à ma main
qui porte le thermomètre
cette figure de mercure
jusqu'à son ouverture
 
finement couchée sur le drap
elle jouit
de sa température
bien prise un peu partout
comme au sortir de l'anneau
 
elle feint la maladie
elle crie : "Foutre là ! Mets-y ton remède ! J'ai mal !"
potions liqueurs et sirops
ferments de ses jouissances
qui montent jusqu'à ses yeux
qui ressortent vainqueurs
 
elle a gardé ses poils
collés à l'aspirine
elle sue la fièvre
aussi bien mouillée qu'elle en veut toujours
 
je prends sa route
armé d'un clystère si démon
que je rentre tout
par la trompette arrière
là où est l'éclat
 
elle finit avec moi
vaincue
et plusieurs fois
de fortes évacuations
 
"J'ai vraiment (aimé) la maladie !"
sont ses derniers mots"
 
Je précise que l'illustration de couverture est de Jacques Cauda, qui est également peintre.
 
Pour en savoir plus sur "Les jouets rouges", de Jacques Cauda, qui est vendu au prix de 12 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.editionscontre-ciel.fr/

"Les jouets rouges", de Jacques Cauda


Pour une fois, on ne pourra pas reprocher à un éditeur - il s'agit ici de "Contre-ciel" - d'avoir publié un texte tempéré et fade.
 
Pour résumer les faits, "Les jouets rouges" est un livre constitué d'une alternance de textes en prose, à dominante narrative, ou en vers, qui décrivent en termes crus des rapports sexuels entre un homme et une femme.
 
Le problème pour la femme, c'est que ces rapports finissent mal, puisqu'elle est tuée à la fin, dans une chute expédiée en quelques lignes.
 
Pour le lecteur, on dirait que ces fins brutales et cruelles sont là pour rompre l'enchantement de l'amour, caractérisé par des luxuriantes images.
 
Ainsi, la métaphore des "jouets rouges" est effective dans tous ces mots.
 
Toujours est-il que la richesse des images, éclairant la complémentarité entre peinture et poésie, est ce qui demeure de la lecture de "Les jouets rouges".
 
Une richesse de couleurs, mais aussi de saveurs, bref tout ce qui caractérise la poésie qualifiée de partie fine.
 
Extrait de "Des jouets rouges" :
 
"Dans l'accueil de son cul
je ne me fie qu'à ma main
qui porte le thermomètre
cette figure de mercure
jusqu'à son ouverture
 
finement couchée sur le drap
elle jouit
de sa température
bien prise un peu partout
comme au sortir de l'anneau
 
elle feint la maladie
elle crie : "Foutre là ! Mets-y ton remède ! J'ai mal !"
potions liqueurs et sirops
ferments de ses jouissances
qui montent jusqu'à ses yeux
qui ressortent vainqueurs
 
elle a gardé ses poils
collés à l'aspirine
elle sue la fièvre
aussi bien mouillée qu'elle en veut toujours
 
je prends sa route
armé d'un clystère si démon
que je rentre tout
par la trompette arrière
là où est l'éclat
 
elle finit avec moi
vaincue
et plusieurs fois
de fortes évacuations
 
"J'ai vraiment (aimé) la maladie !"
sont ses derniers mots"
 
Je précise que l'illustration de couverture est de Jacques Cauda, qui est également peintre.
 
Pour en savoir plus sur "Les jouets rouges", de Jacques Cauda, qui est vendu au prix de 12 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.editionscontre-ciel.fr/

samedi 24 septembre 2016

"Aïeul", de Jeanpyer Poëls


Voici un texte qui vous fera aimer la vieillesse, loin du naufrage évoqué par un certain général.

Selon une formule déjà employée par l'auteur, Jeanpyer Poëls, édité par "La Porte", chaque page de ce court texte contient un morceau de phrase, le poème n'étant en définitive composé que de deux ou trois phrases.

Cette phrase est elle-même entourée par trois citations (une avant, deux après) de Jean Guéhenno, Jean Rostand et La Rochefoucaud, sur les avantages du grand âge.

Vous me direz, il n'y a guère le choix, d’aimer ce qu'il y a dans sa gamelle !

Enfin, là au moins, on peut trouver dans "Aïeul", tout ce qui caractérisait la richesse d'avoir beaucoup d'années : attachement à la terre qui, après tout, est destinée à nous accueillir. Dommage que cela se perde, cette conception des choses.

"Aïeul" est un moment de douceur, comme un retour à l'essentiel. A lire pour se faire de bonnes raisons de continuer à exister :

"Des bêlements bataves / ont suivi un berger / que son chemin émouvait / vers des champs de chicorée..."

Pour vous procurer "Aïeul", de Jeanpyer Poëls, vendu au prix de 4 €, vous pouvez écrire à l'éditeur, Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON.

dimanche 18 septembre 2016

"Maintenant que je suis un vieux singe", de Louis Savary

L'avantage avec les recueils d'aphorismes, c'est que le lecteur peut toujours y trouver chaussure à son pied, même s'il sera difficile qu'il apprécie toutes les nombreuses phrases qui composent un livre.
Louis Savary a du talent pour ce genre littéraire qu'il pratique régulièrement.
Dans "Maintenant que je suis un vieux singe", qui est édité par les "Presses littéraires", j'ai beaucoup aimé le parallèle qui est fait entre la vie d'un singe et celle d'un homme : de l'enfance à la vieillesse. A part que le regard de l'auteur sur les différentes étapes de sa vie est toujours celui du vieux singe. Ce regard porte tout particulièrement sur la pratique de l'écriture.
Et ce que je préfère dans ces aphorismes, c'est lorsque Louis Savary se montre conscient des limites de l'écriture et surtout, de la supériorité de l'écriture sur l'écrivain.
En voici des exemples :
"Si je dis que tout est dit
ou que tout reste à dire
j'entends déjà de la poésie
le fou rire glacial"
"n'importe qui
peut s'autoproclamer poète
c'est bien ça le drame"
Et voici la lueur d'espoir :
"il n'est jamais trop tard
pour redire la même chose"
J'aime bien quand on ne croit pas trop à l'écriture : ça change !
Ce qui est dit des mots est d'ailleurs transposable au sujet d'une certaine race d'hommes :
"Les vrais criminels
sont ceux qui tuent
les rêves des autres"
"camarades
il y a si longtemps
que je retiens ce besoin
de me soulager dans vos urnes"
Si je puis dire, "Maintenant que je suis un vieux singe" est un livre qui décape.

Pour en savoir plus sur ce recueil, qui est vendu au prix de 15 €, contact : louis.savary@skynet.be

vendredi 26 août 2016

"La parole comme un cristal de sel", de Marie-Françoise Ghesquier

Deuxième recueil de poèmes publié par Marie-Françoise Ghesquier chez Cardère Editeur, « La parole comme un cristal de sel » est un texte résolument dédié à la nature, en ce qu'elle a de plus classique, en apparence : ses quatre saisons.

En effet, chacune des quatre parties de « La parole comme un cristal de sel » retrace ces saisons, sans aucun doute possible, puisqu'elles s'intitulent successivement : « Sur la pente raide du printemps », « Dans le point mort de l'été », « A contretemps du vent d'automne » et « Sur l'échiquier du vent brouillé de l'hiver ».

Cependant – et on le sent déjà à travers ces titres - le traitement qui est fait de ces quatre saisons par l'auteur n'est pas classique.

Loin des oppositions entre bonnes et mauvaise saison, qui serait l'hiver, la nature que décrit l'auteur est comme frappée de stupeur, et il est difficile de savoir laquelle, en fin de compte, n'a pas son lot de morbidités.

Cela est sans doute dû au fait que Marie-Françoise Ghesquier entre dans la profondeur de cette nature, qu'elle en distingue la vie, et donc son corollaire nécessaire, la mort.

A signaler également la place dans cette nature qui devient métaphore de l'écriture et du poème, tant il est vrai que la nature est un livre ouvert devant nos yeux.

Poésie d'images visuelles, donc, laissez-vous emporter par les nuances de teintes apportées par les mots à toutes ces choses visibles à l’œil nu :

« L'étang a capturé
tous les nuages du ciel
dans son miroir
au goût de sel aigu.

Les cygnes naviguent
entre les écueils de brume
pris dans le cercle
des roseaux courbés.

Quand la dague de leur bec
transperce l'eau cyanosée,
le sang épanche
ses couleurs de feu
jusqu'au ciel.

Dans les fonds gorgés de nuit
les carpes passent
comme autant de mots
inaudibles
qui brasillent
sous la cendre.

Des mots qui serpentent à bas bruit. »

Il est à noter que Marie-Françoise Ghesquier est également l'illustratrice de son texte, ce qui n'est pas courant dans l'édition de poésie. Quand je vous dis que cette poésie est visuelle !....

Pour vous procurer « La parole comme un cristal de sel », de Marie-Françoise Ghesquier, qui est vendu au prix de 12 €, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.cardere.fr/

"A la fin" de Thierry Radière


Ce court recueil paru aux éditions de « La porte » regroupe plusieurs textes en prose, dans lesquels s'exprime une poésie de situation, plus que d'assemblages de mots.

C'est d'ailleurs l'atout de ce texte, intitulé « A la fin », de créer des résonances chez le lecteur.

En effet, y sont listés toutes sortes de comportements « originaux » voire « contre nature » des personnes avant qu'elles ne meurent.

Nous sommes donc tous concernés par ces proses, qui débutent toutes par l'expression « A la fin ».

Et si c'était à nous, justement, de poursuivre l'écriture de ce recueil avec nos propres lubies, qui toutes se valent !...

Un exemple parmi les autres :

« A la fin, il voulait repeindre l'intérieur de sa maison en rouge. On le lui avait interdit sa vie durant. Il y a des choses qui se font et d'autres pas, lui avait-on expliqué dans son entourage. Et il avait bêtement écouté les conseils de ceux qui prétendaient savoir. Maintenant, à son âge, blanc, bleu, orange, vert, mauve, noir, quelle différence ? Alors pourquoi pas rouge ? »

Pour vous procurer « A la fin », de Thierry Radière, qui est vendu au prix de 3,80 €, vous pouvez écrire à son éditeur : Yves Perrine, 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON.

mercredi 3 août 2016

"Le ciel déposé là", de Jean-Baptiste Pédini


Avec "Le ciel déposé là", de Jean-Baptiste Pédini, c'est l'histoire de tout un monde qui s'écrit à partir du ciel, ce dernier jouant le rôle d'un miroir dans lequel se reflètent hommes, autres mammifères, choses, bref, tout le reste. C'est un monde épuré, dont le portrait est dressé en quelques lignes, dans ces poèmes en prose, aux phrases courtes. Mais chaque détail frappe le lecteur, comme autant d'annotations qui dessinent le croquis de l'ambiance, ne négligeant pas même le moindre son.

Il ne se passe rien, souvent, mais il n'est pas certain que cela dure. Comme souvent, dans les textes de Jean-Baptiste Pédini, le poète est un observateur tapi dans un coin, mais son œil semble redouter que quelque chose de grave, ou plutôt de bouleversant, se produise. Quelque chose qui casserait l'équilibre précaire du monde.

"Le ciel déposé là", en résumé, c'est un peu le calme avant la bataille (qui ne se produira sans doute jamais, et tant mieux) ou après (lorsque tout rentre dans l'ordre).

Extrait de "Le ciel déposé là" :

"C'est cette distance qui saute le plus aux yeux. Une ombre flâne dans les blés. On entend un bruissement. Les pierres claquent. L'humeur décline. La luminosité s'écrase tout au fond de sa niche, déjà prête à ronger le jour."

Si vous souhaitez en savoir plus sur "Le ciel déposé là, de Jean-Baptiste Pédini, qui est vendu au prix de 9 €, il convient d'écrire à son éditeur : "L'Arrière-Pays", 1 rue de Bennwihr 32360 Jégun.